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Disparités en santé mentale et ses déterminants chez les jeunes du secondaire au Québec selon la langue d’enseignement: Analyse des données de l’enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire.
Resource type
Report
Authors/contributors
- Djeha, Améyo (Author)
- Ernest, Lo (Author)
- Lussier, Marie-Hélène (Author)
Title
Disparités en santé mentale et ses déterminants chez les jeunes du secondaire au Québec selon la langue d’enseignement: Analyse des données de l’enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire.
Abstract
Ce rapport compare des adolescents qui fréquentent l’école anglophone aux adolescents qui fréquentent l’école francophone du Québec sur des dimensions de la santé mentale et de ses déterminants, afin de voir s’il existe des écarts entre ces deux groupes. Les données qui sont analysées proviennent de l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire (2016-2017) réalisée par l’Institut de la statistique du Québec, à la demande du ministère de la Santé et des Services sociaux. Ces données portent sur la santé mentale et physique ainsi que sur des déterminants de la santé mentale associés notamment aux habitudes de vie, aux comportements à risque et à l’adaptation sociale.
L’échantillon de l’étude, constitué de 62 277 répondants pour une population d’environ 388 000 élèves, inclut les élèves de la 1re à la 5e année du secondaire inscrits au secteur des jeunes, dans les écoles québécoises publiques et privées, francophones et anglophones, à l’exception de celles qui sont situées dans les régions des Terres-Cries-de-la-Baie-James et du Nunavik.
Les résultats indiquent des écarts en défaveur des jeunes du secondaire dont la langue d’enseignement est l’anglais pour 6 indicateurs liés aux déterminants de la santé, et 5 pour les jeunes du secondaire dont la langue d’enseignement est le français. Certains des indicateurs pour lesquels des disparités sont observées réfèrent aux mêmes thèmes, comme le soutien social ou la violence. En regard du soutien social par exemple, les jeunes scolarisés en anglais sont plus nombreux, en proportion, que les jeunes qui fréquentent l’école française à avoir déclaré un faible soutien au sein de leur famille, mais moins nombreux à estimer faible le soutien dont ils bénéficient dans leur communauté (aucune différence constatée en ce qui concerne le soutien de l’environnement scolaire et des amis). Pour d’autres thèmes, des écarts ont été relevés uniquement pour un des deux groupes linguistiques. Ainsi, les jeunes du secondaire dont la langue d’enseignement est l’anglais sont proportionnellement plus nombreux que les jeunes scolarisés en français à ne pas rencontrer les recommandations en matière de sommeil et avoir un sentiment d’efficacité personnelle globale faible. Quant aux jeunes du secondaire dont la langue d’enseignement est le français, ils présentent un indice de risque de décrochage scolaire significativement plus élevé que les élèves scolarisés en anglais. Ils se démarquent également en ce qui a trait à la consommation excessive d’alcool et à l’usage de la cigarette électronique. Par ailleurs, les écarts les plus importants concernent les indicateurs relatifs à la violence à l’école ou sur le chemin de l’école dont sont victimes dans une plus grande proportion les jeunes qui ont l’anglais pour langue d’enseignement. Ce constat est conforme aux résultats de l’édition précédente de cette enquête (2010-2011) où près de deux fois plus d’élèves allant à l’école anglophone que d’élèves allant à l’école francophone avaient déclaré avoir été victimes de violence à l’école et sur le chemin de l’école ou de cyberintimidation.
CONCLUSIONS ET LIMITES DE L’ÉTUDE
ris dans leur ensemble, les résultats ne permettent pas de déterminer si la santé mentale des jeunes du secondaire dont la langue d’enseignement est l’anglais est meilleure ou pire que celle des jeunes du secondaire dont la langue d’enseignement est le français et, donc, de conclure à un effet spécifique de la situation linguistique minoritaire sur la santé mentale. Ces résultats concordent avec d’autres recherches menées au Canada ou ailleurs.
Toutefois, une limite importante à prendre en compte lors de l’interprétation de ces résultats est l’utilisation de la langue d’enseignement comme variable linguistique en l’absence des variables langue maternelle et langue parlée à la maison dans les données de l’enquête. En effet, les résultats pourraient être différents si on avait utilisé la langue maternelle ou la langue parlée le plus souvent à la maison. En raison de la présence des anglophones dans les écoles de langue française et viceversa, l’utilisation de la langue d’enseignement a probablement mené à des biais d’estimation des écarts observés dans les indicateurs de santé et de bien-être calculés. Cependant, en l’absence de la langue maternelle ou parlée à la maison, la langue d’enseignement est la variable la plus représentative de la réalité vécue par les deux communautés linguistiques.
Institution
Bureau d'information et d'études en santé des populations, Institut national de santé publique du Québec
Date
2022
Pages
67
Language
fr
Citation
Djeha, A., Ernest, L. et Lussier, M.-H. (2022). Disparités en santé mentale et ses déterminants chez les jeunes du secondaire au Québec selon la langue d’enseignement: Analyse des données de l’enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire. Bureau d’information et d’études en santé des populations, Institut national de santé publique du Québec. https://www.inspq.qc.ca/sites/default/files/2023-09/2843-disparite-sante-mentale-jeunes-secondaire-langue-enseignement.pdf
Area of intervention or study
Minority language group(s)
Study population
Country
Canadian provinces or territories
Research type
- Quantitative
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